Notre unité nationale a toujours été la cible privilégiée de ceux qui souhaitent nuire à notre pays – ennemis de l’intérieur comme de l’extérieur.

Une unité fondée non seulement sur la géographie, mais sur des liens plus profonds : le sang, la langue, la religion, l’histoire partagée et un destin commun. Nous sommes une nation qui fut jadis un phare de tolérance, une terre d’accueil et d’hospitalité. La violence n’a jamais fait partie de notre culture, malgré les récits déformés que l’on tente de nous imposer ici et là.

À l’occasion du cinquantenaire de notre indépendance, nous sommes appelés à redéfinir notre identité nationale, à raviver notre fierté pour nos valeurs et pour l’authenticité éclatante de notre passé. C’est une occasion de relire notre réalité avec lucidité, de questionner le passé sans rancune, de corriger les dérives et de tracer les contours d’un avenir plus prometteur pour les générations à venir.

Cinquante années d’indépendance nous imposent une introspection profonde.Un moment pour évaluer ce qui a été accompli, ce qui a été manqué, et pour éclairer les aspects qu’il nous faut rectifier afin de bâtir un État moderne, fondé sur la citoyenneté et la justice sociale. Chaque citoyen comorien a le droit d’être souverain dans son propre pays, d’exprimer librement ses opinions, et de bénéficier, dans chaque recoin de la nation, des soins et services auxquels il a droit.

Notre patrie est née handicapée, affaiblie par la main du colonisateur, amputée d’une partie de son territoire, victime de manœuvres visant à entraver la marche de l’État naissant. Elle est née avec des moyens limités, mais grâce à la volonté inébranlable de ses enfants sincères, une lueur d’espoir continue d’illuminer le fond du tunnel.

Notre peuple a consenti d’immenses sacrifices pour préserver sa liberté et affirmer sa souveraineté. Le chemin est encore long, mais il exige que l’on ravive les consciences, que l’on regarde l’avenir avec espoir, et que l’on œuvre avec détermination à renforcer notre unité nationale, constamment prise pour cible.

Les États insulaires sont fragiles par nature, vulnérables aux divisions artificielles. Ceux qui cherchent à nous dominer savent bien que frapper l’unité, c’est affaiblir la nation. C’est pourquoi chaque citoyen libre et honnête, quelle que soit sa position, a le devoir de réparer les fractures, de protéger la citoyenneté par la justice et l’égalité, et d’unir toutes les composantes de notre société.

Seule la justice et l’égalité peuvent consolider notre unité nationale et raviver le sentiment d’appartenance à ce pays et à ce peuple. Chaque citoyen est souverain sur cette terre : sa dignité est sacrée, sa voix est entendue, et ses rêves sont une responsabilité que porte tout dirigeant, quelle que soit son origine ou son affiliation.

Dans cette nation, le peuple est roi, et le responsable politique, un serviteur à son service.

Durant ces cinquante années, notre pays a été trahi, poignardé par des forces qui voulaient le maintenir à genoux, incapable de construire une nation viable. Mais aujourd’hui, face à un monde en perpétuelle mutation et riche en défis, la responsabilité est encore plus grande. Ceux qui ne sont pas à la hauteur de ces défis se retrouvent à exécuter les ordres des puissants.

Il est temps, après cinquante ans, de reconquérir notre liberté, en affirmant notre unité, en protégeant nos intérêts vitaux, et en portant haut les aspirations de notre peuple.


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